
Histoire, Economie et Société (1/2026)
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La Gendarmerie française, pilier de l’ordre public, subit à partir de 1940 une crise profonde liée aux pertes de guerre, à la partition du territoire et aux contraintes de l’occupant. Cet article étudie ses politiques de recrutement entre 1940 et 1944 à travers les archives de la direction générale et de l’inspection générale. Trois périodes sont distinguées : l’urgence de 1940, la relance encadrée de 1941 à 1943 et la crise de 1944. Le recrutement apparaît comme un révélateur des tensions entre adaptation, conservatisme et compromission. L’étude ouvre aussi sur la Libération, marquée par l’épuration et la réorganisation. Le recrutement constitue ainsi un prisme privilégié pour comprendre la manière dont une institution militaire négocie sa survie dans un État autoritaire.
The French Gendarmerie, a cornerstone of public order, experienced a severe crisis from 1940 onwards due to war losses, territorial partition, and the constraints imposed by the German occupier. This article examines recruitment policies between 1940 and 1944 using archives from the General Directorate and the Inspectorate. Three phases are identified : the emergency of 1940, the controlled recovery of 1941-1943, and the collapse of 1944. Recruitment emerges as a key indicator of the tensions between adaptation, conservatism, and compromise. The study also addresses the Liberation, marked by purges and reorganization. Recruitment thus provides a privileged lens through which to understand how a military institution negotiated its survival under an authoritarian state.

