
Romantisme N°211 (1/2026)
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Appartenant au corpus de la peinture d’Histoire, la figure animale est omniprésente dans les oeuvres et les carnets de croquis de Gustave Moreau. Plus de 500 dessins leur sont consacrés, auxquels s’ajoutent les recherches effectuées par l’artiste en 1879, 1881 et 1883. À ces dates, l’artiste se rend au Muséum d’Histoire naturelle à Paris. Avant cette période, Moreau privilégie les modèles présents dans son fond d’atelier pour constituer son bestiaire poétique où animaux réels et animaux fantastiques se côtoient. Répétées de manière systématique, les formes animales, recréées en amont, forment d’une oeuvre à l’autre, un lexique zoopoétique qui participe à rendre palpable le conflit entre la matière et l’essence spirituelle. L’animalité est alors remplacée par la bestialité à laquelle n’est pas étrangère la figure humaine.
Belonging to the corpus of History painting, animal figures are omnipresent in Gustave Moreau’s works and sketchbooks. More than 500 drawings are devoted to them, as is research carried out by the artist in 1879, 1881 and 1883. At those times, the artist went to the Museum of Natural History in Paris. Prior to that, Moreau used the existing models in his workshop to create his poetic bestiary where real and fantastical animals coexist. Repeated systematically from one work to another, the recreated animal figures form a zoopoetic lexicon which helps to make the conflict between matter and spiritual essence tangible. Animality is then replaced by bestiality, to which the human figure is no stranger.

