
Romantisme N°211 (1/2026)
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Mémoires d’un âne de la Comtesse de Ségur (1860), Black Beauty d’Anna Sewell (1877) et Kholstomer de Léon Tolstoï (1886) sont trois récits représentatifs des autobiographies animales fictives de la seconde moitié du XIXe siècle. La proximité entre humains et équidés, dans la société contemporaine, fait de ces derniers des supports privilégiés pour dénoncer, de manière allégorique, les dominés que sont les travailleurs de l’Angleterre victorienne, les serfs de la Russie tsariste ou encore, dans les romans pour la jeunesse, les enfants eux-mêmes. Toutefois, les récits étudiés manifestent également, ne serait-ce que ponctuellement, le souci de représenter les animaux pour eux-mêmes. Le choix de l’écriture de type autobiographique est certes une convention,mais il permet également de déployer une interrogation sur le langage et de produire des effets de défamiliarisation qui mettent en question la frontière entre humains et non-humains.
Mémoires d’un âne by the Comtesse de Ségur (1860), Black Beauty by Anna Sewell (1877) and Kholstomer by Leo Tolstoy (1886) are three representative examples of fictional animal autobiographies from the second half of the 19th century. The closeness between humans and equines in contemporary society made these narratives ideal vehicles for allegorically denouncing the oppressed, such as workers in Victorian England, serfs in Tsarist Russia or, in children’s literature, children themselves. However, these fictional works also reflect, albeit only occasionally, a concern to represent animals for their own sake. The choice of autobiographical writing is certainly a convention, but it also facilitates an exploration of language and achieves the effect of defamiliarization, calling the boundary between humans and non-humans into question.

