
Annales de géographie - N°769 (3/2026)
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Plusieurs constats sont régulièrement avancés pour caractériser les pratiques électorales des retraités : une participation supérieure à celle de l’ensemble de la population en âge de voter et une tendance à soutenir les candidatures sortantes de droite. S’inscrivant dans le prolongement des analyses sur l’influence des configurations socio-spatiales sur le vote, cet article examine, à travers l’étude de deux quartiers de la banlieue nantaise, le processus de formation des comportements électoraux des retraités dans un contexte de surreprésentation et d’ancrage résidentiel de longue durée. Les enquêtes locales montrent que leurs pratiques électorales restent globalement orientées vers le centre-droit, avec un glissement vers l’extrême droite, et se distinguent nettement de celles du reste de la population locale par une forte mobilisation. Elles révèlent également que ces comportements et écarts s’expliquent par la formation, mais aussi la mise à l’épreuve, des systèmes locaux de sociabilité, sous l’effet combiné du vieillissement et des transformations socio-spatiales exogènes, de générations installées depuis plusieurs décennies et ayant consolidé leur position dans l’espace local.
Several assertions are frequently put forward to characterize the electoral behavior of retirees: higher turnout compared to the overall voting-age population and a tendency to support incumbent right-wing candidates. Building on analyses of the influence of socio-spatial configurations on voting, this article examines, in two districts of the Nantes suburbs, the process through which retirees’ electoral behaviors are formed in a context of overrepresentation and long-term residential anchoring. Local surveys show that their electoral practices remain generally oriented toward the center-right, with a shift toward the far right, and stand out from those of the rest of the local population due to high levels of turnout. They also reveal that these behaviors and electoral gaps can be explained by both the formation and the testing of local sociability systems, under the combined effects of aging and exogenous socio-spatial transformations, among generations established for several decades and having consolidated their position within the local space.