
Romantisme N°212 (2/2026)
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Cet article entend montrer comment les Chroniques de Froissart ont joué un rôle déterminant dans les travaux des historiens du XIXe siècle et dans le succès de la forme « chroniques » tout au long du siècle, et ce, grâce à l’édition fautive, mais complète de Buchon, mine dans laquelle romanciers et historiens viennent puiser des pans entiers de l’histoire de la guerre de Cent Ans ou des personnages emblématiques. À partir de la reprise de trois mots chers à Froissart qui évoque ainsi son travail de chroniqueur, « cronisier », « historier » et « renluminer », il s’agit d’étudier comment historiens et vulgarisateurs ont recyclé Froissart et ses Chroniques jusque dans les écoles, en privilégiant les historiens de la première moitié du siècle et plus précisément le quatuor Barante-Thierry-Guizot- Michelet.
This article sets out to demonstrate how Froissart’s Chroniques shaped the works of 19th century historians and underpinned the success of the chronicle as a literary form throughout the century, thanks to Buchon’s biased yet comprehensive publications, a mine of information from which novelists and historians drew entire chapters of the history of the Hundred Years’ War and emblematic figures. Taking up three words dear to Froissart when discussing his work as a chronicler - “cronisier, historier, renluminer” (chronicle, historicize, illuminate) - this article explores how historians and popularisers recycled Froissart and his Chroniques, including in schools, with a focus on the historians of the first half of the century, specifically Barante, Thierry, Guizot and Michelet.

