
Romantisme N°212 (2/2026)
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Dans L’Argent et L’Argent suite (1913), Charles Péguy caractérise la chronique sous l’angle de son rapport à la folie : en elle, le besoin de faire une contre-histoire des fous se redouble d’un discours sur la folie comme moteur de l’histoire, mais aussi d’une volonté de constituer la folie en spectacle. Dès lors, la folie des textes de Péguy doit être mise en regard de la fonction politique qu’il assigne à la littérature, notamment dans sa lutte contre le théâtre moderne du pouvoir. De la référence à la folie découle la possibilité de réinventer le nouage du savoir et du pouvoir, urgente en un moment où Péguy voit l’université préférer le gouvernement à l’enseignement, mais aussi celle de rendre au peuple une forme de droit à la guerre face à l’oppression conjointe de la bourgeoisie et de l’Allemagne.
In L’Argent and L’Argent suite (1913), Charles Péguy characterises the chronicle from the angle of its relationship with madness (“folie”): in it, the need to produce a counter-history of madmen is intensified by a discourse on madness as a driving force of history, as well as a desire to make a spectacle of madness. Thus, the madness of Péguy’s writings must be considered in light of the political function that he assigns to literature, particularly in his battle against power-driven modern theatre. From the reference to madness arises the possibility of reinventing nodes of knowledge and power, an urgent matter at a time when Péguy deemed universities to be more interested in government than education, and of restoring a “right of war” to people as a counterweight to the joint oppression exerted by the bourgeoisie and Germany.

