
L'information géographique - n°3/2026
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Cet article interroge les recompositions territoriales à l’oeuvre après la fermeture du Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP) à Hao, Tureia et Mangareva. L’étude se focalise sur le devenir des anciens bâtiments du CEP entre déconstruction et réappropriation fonctionnelle ou patrimoniale. À distance des lectures en termes de « nostalgie nucléaire » ou de stigmate territorial, l’analyse montre que les pratiques de réappropriation constituent des réponses situées à une triple contrainte : la persistance des risques, le déclassement socio-spatial post-CEP et la rareté de certaines ressources. Ces bâtiments deviennent alors des supports matériels et symboliques pour maintenir dans le temps des formes de compensation et de reconnaissance. À l’inverse, là où la reconversion économique est assurée, comme à Mangareva, l’effacement apparaît plus acceptable. Ces configurations différenciées invitent à penser la dénucléarisation non plus comme un simple démantèlement piloté par l’État, mais comme un processus à la fois situé et négocié, révélant le poids d’une agentivité locale.
