
Langages Nº 243 (3/2026)
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Cet article retrace soixante ans d’évolutions méthodologiques en lexicologie quantitative, depuis les fondements de la lexicométrie française jusqu’aux architectures neuronales fondées sur l’attention. La première rupture constitue une lexicologie quantitative reposant sur l’analyse statistique de textes authentiques. La deuxième substitue à la fréquence brute les mesures d’association comme instruments privilégiés de révélation des structures lexico-grammaticales, dans des corpus toujours plus vastes. La troisième substitue aux représentations atomiques et discrètes des unités lexicales des représentations distribuées et continues, d’abord sous forme de plongements lexicaux, puis de plongements contextualisés produits par l’architecture TRANSFORMER. Ces mutations redéfinissent progressivement la nature même de l’unité lexicale.
This article traces sixty years of methodological change in quantitative lexicology, from the foundations of French lexicometry to neural architectures based on attention. The first shift establishes a quantitative lexicology grounded in the statistical analysis of authentic texts. The second replaces raw frequency with association measures as the primary instruments for revealing lexico-grammatical structure in increasingly large corpora. The third replaces atomic, discrete lexical units with distributed, continuous representations, first as static word embeddings, then as contextualised representations produced by the TRANSFORMER architecture. These shifts reflect a progressive redefinition of the lexical unit itself.