
Romantisme N°213 (3/2026)
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L’intérêt de Stendhal pour le vaudeville a été largement sous-estimé, comme l’a été l’incidence de cette forme sur sa conception du comique et sur sa créativité de romancier. Après avoir donné un aperçu de l’intertexte vaudevillesque dans l’oeuvre romanesque de Stendhal (depuis Armance jusqu’à Lamiel), cette étude s’efforce de distinguer le comique gai et gracieux qui est directement issu de la culture du vaudeville et de l’opéra-comique, et un comique « radical », à la fois plus « bas » et plus acide, plus agressif et politique, dont la présence (notamment dans Féder et Lamiel) permet de délimiter le territoire du vaudevillesque proprement dit dans l’économie du roman stendhalien.
Stendhal’s interest in vaudeville has been greatly underestimated, as has the extent to which the vaudeville genre shaped his understanding of comedy and his creativity as a novelist. After presenting an overview of vaudeville intertextuality in Stendhal’s novels (from Armance to Lamiel), this paper endeavours to distinguish between the upbeat, light-hearted comedy derived directly from vaudeville culture and comic opera, and a “radical” form of comedy - at once more lowbrow and caustic, more aggressive and political – the use of which (notably in Féder and Lamiel) makes it possible to trace the boundaries of the original vaudeville genre in the structure of Stendhal’s novels.

