
Romantisme N°213 (3/2026)
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Dans la première moitié du XIXe siècle, le petit journal a entretenu un lien singulier avec le vaudeville. Partageant souvent un même personnel, ils se font tous deux la chambre d’écho comique de l’actualité politique et sociale, dans la tradition du vaudeville originel. Autre point de convergence, le petit journal s’offre comme un théâtre de papier prodigue en nombreuses microformes scéniques (dialogues, saynètes et revues) dont les contenus recoupent souvent ceux du vaudeville. De Daumier à Banville, la petite presse a trouvé ses représentations emblématiques dans le carnavalesque des spectacles de la foire et ceux du boulevard du Temple. Vaudeville et petite presse ont enfin partagé un même oubli du fait qu’ils ont été longtemps considérés comme relevant d’une sous-littérature.
In the first half of the 19th century, the mass-market newspapers of France’s petite presse had a special connection with vaudeville. Often sharing the same set of characters, both became humorous echo chambers reflecting political and social issues of the day, in the tradition of the original vaudeville genre. Marking another point of convergence, the petit journal format was presented as a “paper theatre” offering a wealth of scenic microforms (dialogues, sketches and revues) whose content often intersected with that of vaudeville. From Daumier to Banville, the petite presse drew its iconic representations from the carnival spirit of fairground shows and the boulevard du Temple’s street artists. Lastly, vaudeville and the petite presse also shared the experience of being overlooked, since they were both long considered to be lowbrow genres.

