
Romantisme N°213 (3/2026)
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Le vaudeville, l’un des genres théâtraux les plus joués en France au XIXe siècle, a participé à l’émergence de plusieurs figures ayant marqué avec force les imaginaires. Mme Gibou, issue d’une pièce grivoise parisienne de 1832, est l’une d’entre elles. Bien qu’elle soit aujourd’hui oubliée, sa postérité a été considérable. L’expression « Le thé de Mme Gibou » comme l’archétype de la commère-concierge Gibou ont pénétré aux XIXe et XXe siècles nombre de domaines (journalistique, politique, artistique), tout en s’invitant sous la plume des plus grands (Balzac, Dumas, Gautier, Hugo, Proust). Il était ainsi nécessaire de mettre en lumière ce personnage, qui, davantage qu’une simple émanation du théâtre populaire, s’impose comme une incarnation du vaudevillesque, et dont la trajectoire témoigne, de manière rare, du rayonnement transmédiatique et transnational du genre ainsi que de son devenir.
Vaudeville, one of the most performed theatrical genres in 19th century France, contributed to the emergence of a series of characters that captivated the imagination. Madame Gibou, from a saucy Parisian play of 1832, is one of them. While largely forgotten today, she left a considerable legacy. The expression “Madame Gibou’s tea”, together with the archetypal gossipy concierge that Gibou embodied, made their way into a number of spheres in the 19th and 20th centuries (journalism, politics, the arts), while at the same time being taken up by the literary greats (Balzac, Dumas, Gautier, Hugo, Proust). Turning the spotlight on this figure was therefore a must. More than a mere offshoot of popular theatre, she came to embody the vaudeville genre and her trajectory provides a rare reflection of its reach- spanning multiple media formats and national borders—as well as its future.

