
Romantisme N°213 (3/2026)
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S’il est habituellement conçu comme un discours spéculatif à dominante ontologique et épistémologique, l’illusionnisme de Villiers de l’Isle-Adam ne se réduit pas à ses déterminations abstraites ; il décrit aussi un discours à vocation existentielle, ayant en vue l’édification de l’autre qu’est le lecteur. Par le truchement de ses délégués fictionnels, Villiers n’a de cesse d’enjoindre à l’action, car l’idéal dont il est le « portier » ne représente pas tant une voie de sortie de l’existence qu’un accès privilégié au sentiment d’exister. C’est à ce titre que sa philosophie illusionniste inspire, d’une oeuvre à l’autre, une forme d’éthique héroïque. C’est ce que l’on se propose ici de vérifier, en consacrant une attention plus particulière au roman Isis et aux drames Le Prétendant et Axël, où la destination existentielle de l’illusionnisme apparaît avec le plus d’évidence.
While generally conceived as a speculative discourse with a primarily ontological and epistemological focus, the illusionism of Villiers de l’Isle-Adam cannot be reduced to its abstract determinations; he also sets out an existential discourse, with a view to enlightening the reader. Through his fictional representatives, Villiers ceaselessly champions action, because the ideal that he is the “gatekeeper” of is not so much a way out of existence but rather a privileged route to the feeling of being alive. It is in this respect that, from one work to the next, his illusionist philosophy inspires a kind of heroic ethos. This is what we set out to review here, by focusing on the novel Isis and the plays Le Prétendant and Axël, in which the existential destination of illusionism is at its most evident.

