
Annales de géographie - N°767-768 (1-2/2026)
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L’article interroge les valeurs et les utilisations du slow dans un contexte développementaliste. Il étudie les stratégies et les discours des acteurs impliqués dans la diffusion du label Cittaslow en Turquie. Plus spécifiquement, l’article se demande si la labélisation Cittaslow est un moyen de promotion d’un modèle de développement territorial alternatif, ou s’il s’inscrit dans des stratégies locales propres à chaque contexte territorial. À partir d’une étude des documents officiels d’adhésion des municipalités à la charte Cittaslow, d’une étude critique des stratégies de mise en tourisme des petites villes concernées, et d’une série d’entretiens semi-directifs avec des acteurs qualifiés du réseau Cittaslow en Turquie, l’article montre la plasticité du concept de slow city tel que décliné dans la charte Cittaslow. Dans la mesure où Cittaslow est majoritairement perçue comme un outil de promotion territoriale, le degré de mobilisation de la notion de slow se fait en fonction de la proximité à un centre métropolitain, essentiellement par la captation d’un marché touristique. Certaines expérimentations laissent toutefois la place à une nouvelle expression du « local » dans les projets menés par les municipalités en Turquie.
This article examines the uses and values of slow movement in a developmentalist context. It assesses the strategies and discourses of the actors involved in disseminating the Cittaslow label in Turkey. More specifically, the article asks whether the Cittaslow label is a mean of promoting an alternative territorial development model, or whether it is part of local strategies specific to each territorial context. On the basis of a study of the official application documents to the Cittaslow charter, of a critical review of tourism strategies implemented by the small towns concerned, and a series of semi-directive interviews with qualified actors in the Cittaslow network in Turkey, the article shows the plasticity of the slow city concept as set out in the Cittaslow charter. Insofar as Cittaslow is mainly perceived as a tool for territorial promotion, the degree to which the notion of slow city is mobilised depends on proximity to a metropolitan centre, essentially by capturing a tourism market. However, some experiments are giving way to a new expression of the ‘local’in projects run by municipalities in Turkey.

