
Langue française Nº229 (1/2026)
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Depuis l’Antiquité, les mythes cherchent à rendre raison des noms donnés aux choses en racontant l’histoire de leur nomination : la mise en récit scénarise la motivation sémantique. Dans notre culture discursive, le récit étymologique, articulant discours narratif et explicatif, fonctionne aussi bien dans les contes que les récits de voyage ou les traités de botanique. L’émergence de la lexicologie et d’une science de l’étymologie n’a pas aboli la pratique des histoires de mot dans le discours ordinaire. Les lexicologues les ramènent à la science et en font, sous la dénomination d’étymologie populaire, un objet d’étude. Mais ils les utilisent aussi pour partager leurs savoirs sur les parcours lexicaux en adoptant les schémas du discours narratif. Les histoires de mot représentent ainsi un point de passage entre les épistémès commune et savante.
Since Antiquity, myths have sought to explain the names given to things by telling the story of their naming: the narrative scripts the semantic motivation. In our discursive culture, the etymological narrative, combining narrative and explanatory discourse, functions as well in tales as in travel stories or botanical treatises. The emergence of lexicology and a science of etymology did not abolish the practice of word stories in everyday discourse. Lexicologists bring them into science and make them, under the name of folk etymology, an object of study. But they also use them to share their knowledge on lexical paths by adopting the pattern of narrative discourse. In this way, word stories represent a point of passage between common and scholarly epistemes.