
Romantisme N°213 (3/2026)
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C’est à l’intertexte vaudevillesque de La Recherche que cet article voudrait s’intéresser, en montrant comment il vient contaminer la représentation romanesque de la jalousie. Au vaudeville, Proust emprunte certains de ses personnages, mais aussi et surtout sa scénographie, source de nombreux malentendus. C’est à un impossible vaudeville qu’il nous est toutefois ici donné d’assister, le romancier détournant les lois du genre pour leur donner une portée nettement moins comique. Mais le principal intérêt de la pièce réside peut-être moins dans son dénouement, sans cesse retardé, que dans les mécanismes psychiques qu’elle permet d’éclairer. L’intrigue chez Proust se joue en effet à un autre niveau, sur une scène plus intérieure, celle de la conscience jalouse et de ses fantasmes, dont les schémas empruntent, pour se reproduire, à la mécanique frénétique du vaudeville.
This article set out to focus on vaudeville intertextuality in La Recherche du temps perdu, showing how it contaminates the novel’s portrayal of jealousy. Proust borrows from vaudeville not only some of his characters, but above all his scenography, the source of multiple misunderstandings. Yet it is an impossible vaudeville that we are shown, as the novelist bends the genre’s rules to produce a significantly less comedic tone. Perhaps the work’s primary point of interest lies less in its incessantly delayed ending than in the psychological mechanisms that it brings to light. Indeed, the intrigue in Proust’s work unfolds at another level, in more of an internal space: the jealous conscience and its fantasies, where his portrayals draw on and reproduce the frantic mechanisms of the vaudeville genre.

