
L'information géographique (1/2026)
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Alors que la conscience climatique des sociétés industrialisées s’étiole, la température globale à la surface de la planète devrait augmenter de 4 °C en moyenne d’ici 2100 (loin du seuil de 1,5 °C décidé par l’Accord de Paris en 2015). Aujourd’hui, les alertes concernant les dangers climatiques à venir sont de plus en plus taxés de « catastrophisme » et les citoyens se montrent moins concernés par l’urgence de réduire les émissions de GES. Mais ce sentiment de sur-dramatisation ne seraitil pas réservé aux sociétés les plus riches et résilientes, qui ne s’intéressent pas ou trop peu aux fragilités du reste du monde ? La « conscience géographique globale » naîtra d’un effort d’éducation qui devra développer chez nos élèves une idée centrale : celle du « commun planétaire » (Dipesh Chakrabarty). Cette éducation engagée et responsable intègre dans ses principes les méthodes de la géographie globale et la géographie connectée : enseigner la géographie de manière intégrée, en reliant les concepts géographiques à des contextes concrets et interdisciplinaires pour favoriser une meilleure connexion du monde ; interconnexion des écosystèmes, sensibilisation aux processus naturels et anthropiques, unité des espèces humaines et non humaines, observations pratiques, interdisciplinarité... Cette démarche, inspirée de la connected geography (développée par David Weatherly au Royaume-Uni) et de l’ecological history anglo-saxonne, pourrait être l’un des paradigmes de la géographie environnementale globale enseignée au collège et au lycée.
As the climate awareness of industrialized societies fades, the global surface temperature of the planet is expected to increase by an average of 4 °C by 2100 (far from the 1,5 °C threshold set by the Paris Agreement in 2015). Today, warnings about the dangers of future climate change are increasingly dismissed as "catastrophism," and citizens are less concerned about the urgency of reducing GHG emissions. But could this feeling of exaggeration be reserved for the wealthiest and most resilient societies, which show little or no interest in the vulnerabilities of the rest of the world? À "global geographic awareness" will emerge from an educational effort that must instill in our students a central idea: that of the "planetary commons" (Dipesh Chakrabarty). This engaged and responsible education incorporates the principles of global geography and connected geography: teaching geography in an integrated way, linking geographical concepts to concrete and interdisciplinary contexts to foster a better connection to the world; interconnection of ecosystems, raising awareness of natural and anthropogenic processes, unity of human and nonhuman species, practical observations, interdisciplinarity... This approach, inspired by connected geography (developed by David Weatherly in the UK) and Anglo-Saxon ecological history, could be one of the paradigms of global environmental geography taught in middle and high schools.

