
Annales historiques de la Révolution française Nº423 (1/2026)
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À partir de témoignages de négociants et consuls étrangers établis à Marseille, cet article analyse les éléments qui, dans la décennie 1790, affectent le commerce et la navigation en Méditerranée. Il s’agit ainsi de comprendre la perception que les acteurs de l’époque se font des changements en cours et le lien qu’ils établissent éventuellement avec le processus révolutionnaire que traverse la France. Si une très grande incertitude quant au cours des affaires leur rend impossible, dès 1789, de prévoir la réussite des opérations commerciales qu’ils entreprennent, cela ne les empêche pas d’essayer de spéculer sur les prix et sur le cours des assignats. Le début de la guerre maritime change radicalement les choses, et affecte lourdement les deux piliers de la croissance du commerce marseillais au XVIIIe siècle – les Antilles et l’Empire ottoman –, réduisant à néant le commerce d’entrepôt de Marseille. Contrairement aux conflits précédents, ces pertes ne sont pas temporaires. Faut-il pour autant en faire la responsabilité à la Révolution ? Et y a-t-il, dans les caractéristiques de la navigation en Méditerranée, quelque chose qui distingue le sort de Marseille dans la décennie révolutionnaire de celui des autres grands ports de France ?
By using first-hand accounts of foreign merchants and consuls living in Marseille, this article analyzes factors affecting trade and navigation in the Mediterranean in the 1790s − to understand how these persons perceived the current changes, and the link thesemay have hadwith theRevolutionary process sweeping across France. While a great uncertainty about the course of events from 1789 onwards hindered most predictions about the success of commercial operations, such limitations did not prevent speculation on prices and on the value of assignats. The outbreak of naval radically changed things, severely affecting the two pillars of Marseille’s commercial growth in the eighteenth century – the West Indies and the Ottoman Empire – destroying Marseille’s staple trade. Unlike previous conflicts, these losses were not temporary. But should the Revolution, itself, be held responsible for this? And is there anything in the characteristics of Mediterranean shipping that distinguishes the fate of Marseille during the Revolutionary decade from that of other major French ports ?