
Histoire, Economie et Société (2/2026)
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Des anecdotes de son médecin Héroard au massacre de Nègrepelisse en passant par le coup d’État contre le favori Concini, Louis XIII put apparaître comme un prince d’émotion, agissant sous l’emprise de la colère. Le roi colérique se métamorphose pourtant en un roi de la juste colère, guidé par une raison et des vertus chrétiennes étatisées. Le contexte de l’après-guerre de Religion incite les théoriciens des passions et du pouvoir royal, de l’éducation du prince à l’art de gouverner, à réinterpréter l’action royale, à l’aune de la raison d’État. Cet article propose de relire la geste royale de Louis XIII que la pensée politique des années 1620-1630 construit par l’étatisation de la violence, la Passion d’État, contre la violence passionnelle de ses sujets.
From the anecdotes recorded by his physician Héroard to the massacre of Nègrepelisse, via the coup against his favourite Concini, Louis XIII could be perceived as a prince of emotion, acting under the sway of anger. Yet, the image of the wrathful king gradually gives way to that of a monarch of righteous anger, guided by reason and state-sanctioned Christian virtues. In the aftermath of the Wars of Religion, theorists of the passions and of royal power – from princely education to the art of governance – are prompted to reinterpret royal action in light of raison d’État. This article proposes a rereading of Louis XIII’s royal performance as constructed by the political thought of the 1620s and 1630s: one that legitimizes the state’s monopoly on violence – the Passion of State – in contrast to the unruly, passionate violence of its subjects.

