
Histoire, Economie et Société (2/2026)
Pour acheter ce numéro, contactez-nous
Recevez les numéros de l'année en cours et accédez à l'intégralité des articles en ligne.
L’existence éphémère d’un mont-de-piété à Paris, au milieu du XVIIe siècle, suscite un vif procès entre son créateur, Théophraste Renaudot, et ses opposants, les principales corporations de la ville. Tout en discutant de la légalité de cet établissement, les parties discutent surtout de l’acceptabilité morale de sa vocation, et du fait que les biens des pauvres puissent y devenir à nouveau des marchandises. C’est ainsi que le commerce de secondemain voit ses conditions soumises à la fois aux périmètres du privilège, mais aussi aux préceptes moraux et théologiques qui font la compréhension des liens sociaux, au sens large. L’impact de ces préceptes, qui occasionne ici la fermeture du mont-de-piété en 1644, reste encore à mesurer d’un point de vue pratique, et non pas théorique, sur l’ensemble des relations économiques de la période.
The short-lived existence of a privileged pawnshop in Paris in the mid-17th century sparked a big trial between its creator, Théophraste Renaudot, and his opponents, the city’s main guilds. While discussing the legality of this establishment, the parties mainly debated the moral acceptability of its purpose and the fact that the possessions of the poor could once again become commodities. Thus, the second-hand trade was subject not only to the limits of privilege, but also to the moral and theological precepts that shaped the understanding of social ties at that time. The impact of these precepts, which led to the closure of this pawnshop in 1644, has yet to be measured from a practical, maybe rather than theoretical, perspective on the economic relations of the period as a whole.

