
Revue d'histoire des sciences (1/2026)
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Pour accompagner le développement, la diffusion et l’enseignement de nouvelles géométries non algébrisées à partir de la fin du xviiie siècle, une grande variété de reliefs géométriques est mise au point jusque dans les années 1920: solides, figures développées, maquettes, plans reliefs, modèles en métal, bois, plâtre, gypse, etc. Principalement tournés vers l’enseignement supérieur, ces dispositifs ont fait l’objet d’enquêtes historiques qui pointent toutes les difficultés relatives au faible nombre de sources écrites, accompagnant la circulation et l’utilisation concrète du matériel pédagogique mathématique, notamment aux étages inférieurs de l’instruction. Cet article propose ainsi une étude de quelques dispositifs pour l’enseignement non supérieur de la géométrie descriptive, mis au point en France dans un grand second xixe siècle, par le prisme de sources encore inexploitées : les brevets d’invention, conservés à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Sources inscrites dans une certaine économie de marché, les brevets d’invention s’ajustent particulièrement bien à la scansion des réformes de l’enseignement caractéristiques de cette période, et au développement d’une culture différenciée de l’instruction mathématique (secondaire classique, secondaire spécial, écoles primaires supérieures et enseignement technique).
To support the development, dissemination, and teaching of new non-algebraic geometries from the late eighteenth century until the 1920s, a wide variety of geometric reliefs were developed, including solids, unfolded figures, models, relief maps, and objects made of metal, wood, plaster, gypsum, and other materials. Primarily designed for higher education, these devices have been the subject of historical studies that all highlight the challenges posed by the scarcity of written sources documenting the circulation and concrete use of mathematical teaching materials, especially at the lower levels of schooling. This article therefore offers a study of several devices designed for the teaching of descriptive geometry outside the university in France during the long nineteenth century, examined through hitherto untapped sources: the patents for inventions held at the French National Institute of Industrial Property. As sources embedded within a certain market economy, patents for inventions align particularly well with the timeline of educational reforms characteristic of this period and with the development of a differentiated culture of mathematical instruction (standard secondary education, special secondary education, higher primary education, and technical education)