
Littérature Nº220 (4/2025)
Pour acheter ce numéro, contactez-nous
Recevez les numéros de l'année en cours et accédez à l'intégralité des articles en ligne.
Cet article s’intéresse à l’usage du montage chez Sandra Lucbert, Leslie Kaplan, et Sophie Divry, un geste stratégique que toutes trois revendiquent explicitement. Dans un premier temps, l’analyse souligne l’effort de démantèlement et de résistance qu’implique le montage quand, en recombinant et en redisposant, il s’efforce de mettre en échec les « mécanismes d’imposition du sens commun » (Lucbert) et cherche à défaire tout ce par quoi s’affirme et se réaffirme l’hégémonie étouffante de ce que Leslie Kaplan nomme la « civilisation du cliché ». L’article montre dans un deuxième temps qu’un refaire est toujours implicitement à l’oeuvre dans le défaire de ce dispositif crucial, lequel, s’il permet bien une « autre découpe » du monde (Lucbert), est aussi chez ces trois autrices une « machine à faire du commun » (Rancière).
This article focuses on the use of montage in works by Sandra Lucbert, Leslie Kaplan, and Sophie Divry—a strategic gesture that all three writers explicitly claim. First, the analysis highlights the work of dismantling and resistance involved in montage when it strives, through recombination and rearrangement, to thwart the “mechanisms of common-sense imposition” (Lucbert) and to unravel all that reinforces what Leslie Kaplan calls the “civilization of cliché.” Second, the author suggests that a process of reconstruction is always implicitly at play in this act of dismantling. While montage can indeed be disruptive, in the works examined here, it simultaneously aims to bring about the possibility of a new “common.”

