
Littérature Nº221 (1/2026)
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Sade subvertit le concept de « douceur », qualité éminemment féminine, comme l’atteste le siècle, à la suite de Rousseau, dont la Julie (La Nouvelle Héloïse) incarne « l’union touchante d’une sensibilité si vive et d’une inaltérable douceur ». Avec l’Histoire de Juliette (1801), renversement capital : Sade fait de la douceur naturelle féminine un instrument au service du libertinage, qui s’appuie sur cette « douce façon de faire le mal » pour pratiquer le vice « en douce » et en faire « une douce habitude ». La gradation s’impose comme un concept-clé, entre scènes violentes et douceurs raffinées, entraînant le lecteur à côtoyer l’abime, au fil d’une déconstruction radicale des stéréotypes idéologiques de l’Ancien Régime.
De Sade subverts the concept of douceur, an eminently feminine quality, as reflected by the century and by Rousseau, whose Julie (The New Héloïse) embodies “the touching union of such intense sensitivity and an inalterable sweetness”. In Juliette (1801), de Sade turns the concept upside down, converting women’s natural douceur into an instrument of libertinism, which harnesses this “gentle way of doing evil” to surreptitiously engage in vice and turn it into a “a sweet habit”. Gradation is a key concept, from violent scenes to refined gentleness, taking readers to the edge of the abyss through a radical deconstruction of the ideological stereotypes of the Ancien Régime.

