
Romantisme N°212 (2/2026)
Pour acheter ce numéro, contactez-nous
Recevez les numéros de l'année en cours et accédez à l'intégralité des articles en ligne.
Avec La Terre, Émile Zola poursuit son tableau du Second Empire par une étude des moeurs paysannes.Mais le brouillage temporel quimarque le roman amène à s’interroger sur les enjeux d’une chronique qui fait coexister trois représentations du temps incarnées chacune par un personnage : Buteau, Hourdequin et Jésus-Christ. Face au temps spiralaire qui avance en se répétant, le temps linéaire moderne marche vers le progrès et le temps profond inscrit l’humanité dans un temps long dont seuls témoignent les vestiges préhistoriques. Zola détermine et synchronise ainsi trois périodes de l’histoire humaine. De ce fait, alors que les différentes périodisations mises en place à l’époque visent à exposer la rupture entre le passé et le présent pour affirmer l’identité du XIXe siècle comme siècle du progrès, Zola raconte la permanence de l’âge de pierre imbriqué dans l’âge des machines.
With La Terre, Émile Zola continues to depict the Second Empire through a study of the rural way of life. But the novel’s intertwined timeframes raise questions on the challenges posed by a chronicle featuring three representations of time, each embodied by a character: Buteau, Hourdequin and Jésus-Christ. Amid this cyclical temporal structure, with its ongoing repetitions over time, modern linear time advances in the direction of progress and deep time inscribes humanity in a long-term perspective witnessed only by prehistoric vestiges. In this way, Zola establishes and synchronises three periods of human history. As a result, while the different periods staged aim to highlight the break between past and present in order to define the 19th century as the century of progress, Zola also portrays the permanence of the stone age, embedded in the machine age.

