
Revue de l'histoire des religions (1/2026)
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En 1719 débute dans l’église parisienne Saint- Jean- en- Grève une campagne d’embellissements qui aboutit à l’érection d’un nouveau maîtreautel, composé d’un baldaquin où est suspendue une gloire monumentale au- dessus d’un Baptême du Christ sculpté. Un tel dispositif surprend dans une paroisse défendant la cause janséniste. L’étude attentive du décor permet cependant de le rapprocher des discours appelants contemporains, qui empruntent aux doctrines figuristes relisant l’histoire biblique et contemporaine au prisme de la Grâce et voient dans les jansénistes persécutés les figures des Justes, comme l’était en son temps le Baptiste. La thématisation de la Grâce qui est au coeur du décor conforte aussi la conviction de l’assemblée de son élection divine.
In 1719 a large- scale campaign of embellishment was undertaken at the parish church of St- Jean- en- Grève in Paris. A new high altar was erected, featuring a canopy with a monumental “Gloire” screen suspended above a sculpture representing the Baptism of Christ. This composition is surprising in a parish that supported the Jansenist cause. An attentive study of the decorative setting reveals its links to the contemporaneous current of “appelants”, which borrowed from the figurist doctrines that read biblical history through the prism of Grace. The appelants saw in the prosecuted Jansenists the announced figures of the Righteous, as was John the Baptist in his time. The theme of Grace placed at the heart of the altar decoration further fortifies the assembly’s conviction of its own divine election.

