
LANGUE FRANÇAISE Nº 228 (4/2025)
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Les mots POÈME, POÈTE et POÉSIE, bien qu’étroitement associés par la forme et par le sens, sont inanalysables dans une morphologie concaténative ou en termes de règles. Si l’on définit le mot construit, en synchronie, comme le croisement d’une série dérivationnelle et d’une famille dérivationnelle, ce sont bien cependant des mots construits. Ils appartiennent, d’une part, à un même réseau dérivationnel de type ‹activité› et, d’autre part, à des séries dérivationnelles marquées par les gammes de suffixes -Vme, -Vte et -Vs(i)e. Empruntés au grec ou forgés dans les langues modernes, des pans entiers du lexique méritent ainsi d’être analysés par la morphologie constructionnelle, dans la mesure où la compositionnalité des lexèmes concernés reste perçue, au moins partiellement.
The words POÈME, POÈTe and POÉSIE, although closely related by both form and meaning, are unanalyzable within a concatenative model of morphology or in terms of rules. If we define constructed words, synchronically, as the intersection of a derivational series and of a derivational family, they are nonetheless constructed words. They belong on the one hand to the same derivational network of the ‹activity› type, and on the other hand to derivational series characterized by the suffix groups -Vme, -Vte and -Vs(i)e. Whether they are borrowed from Ancient Greek or have been constructed in modern languages, entire sectors of the lexicon thus deserve to be analyzed by constructional morphology, insofar the compositionality of the lexemes in question remains, at least partially, perceptible.