
Littérature Nº223 (3/2026)
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Les premiers travaux de Judith Schlanger, notamment sa trilogie de l’invention – Le Comique des idées, Penser la bouche pleine et L’Invention intellectuelle –, héritent de la tradition épistémologique française. Mais les enseignements des deux figures tutélaires de cette tradition, Gaston Bachelard et Alexandre Koyré, ne sont pas à mettre sur le même plan : privilégiant les leçons du second, Schlanger s’attache à rendre raison de la vocation à connaître qui se manifeste dans l’existence la plus commune. Son effort pour dévoiler la part discursive et métaphorique de toute entreprise théorique fonde un véritable existentialisme de la connaissance.
Judith Schlanger’s early works, particularly her invention trilogy—Le Comique des idées, Penser la bouche pleine and L’Invention intellectuelle—, draw on the French epistemological tradition. But the teachings of the tradition’s two leading figures, Gaston Bachelard and Alexandre Koyré, cannot be considered on an equal footing: favouring the latter’s teachings, Schlanger endeavours to account for the “calling to know” which is evident in the most ordinary of lives. Her efforts to uncover the discursive and metaphorical elements of any theoretical undertaking create a true existentialism of knowledge.

