
Romantisme N°211 (1/2026)
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L’article montre comment Alexandre Dumas, dans Les Mohicans de Paris et Création et Rédemption, reprend et met en fiction la réflexion développée par l’historien Jules Michelet, dans Le Peuple, sur les animaux. En élevant l’animal au rang de personnage, le romancier fait de la condition animale un miroir de la société. La fiction expérimente parallèlement l’intuition micheletienne d’un progrès continu dans la « chaîne des êtres » pour mettre en évidence, par des moyens romanesques, une aspiration du vivant à la conscience et à la liberté. La reconnaissance des animaux comme « frères inférieurs » constitue ainsi, chez Dumas lecteur de Michelet, un enjeu à la fois narratif, éthique et proprement républicain, car elle fonde l’extension de la fraternité à tout le vivant.
This article argues that in LesMohicans de Paris and Création et Rédemption, Alexandre Dumas reworks and fictionalises historian Jules Michelet’s reflections on animals in Le Peuple. By making animals fully-fledged characters, Dumas transforms the condition of animals into a mirror of society. At the same time, these narratives explore Michelet’s intuition of a continuous progression along the “chain of beings,” employing specifically novelistic means to highlight living creatures’ longing for consciousness and freedom. The recognition of animals as “younger brothers” thus becomes for Dumas, as a reader of Michelet, a narrative, ethical, and distinctively republican concern, insofar as it supports an extension of fraternity to all living beings.

